Les efforts en matière de changement climatique ont progressivement évolué, passant d’initiatives politiques descendantes à une participation ascendante de la société civile et à une mise en œuvre par le secteur privé. Les investisseurs institutionnels publics et privés ont à la fois la capacité et l’appétit de déployer des quantités massives de capitaux pour financer la transition verte, mais sont entravés par un manque de stratégies évolutives et de véhicules d’investissement qui répondent à ces objectifs.

 

L’une des premières réunions visant à relever ce défi central a eu lieu au centre Bellagio de la Fondation Rockefeller en avril 2011. Organisée par l’Université de Columbia et l’Initiative de recherche sur les fonds souverains, l’un des principaux résultats de cette réunion de Bellagio a été la décision de Mats Andersson, alors PDG du fonds de pension suédois AP4, de prendre la mesure historique de décarboniser le portefeuille d’actions du fonds. Cette réunion a également été à l’origine de la création de la Coalition pour la décarbonisation des portefeuilles, cofondée par Amundi, afin d’aligner les portefeuilles d’investissements institutionnels sur une économie à faible émission de carbone.

 

Le mois dernier a marqué une autre étape importante dans la conduite des investissements institutionnels vers la transition verte avec la signature d’un nouveau partenariat entre la Société financière internationale (SFI) et Amundi pour créer le plus grand fonds mondial d’obligations vertes dédié aux marchés émergents.Signé par le PDG de l’IFC, Philippe Le Houérou, et le président d’Amundi, Xavier Musca, le fonds combine une expertise approfondie à la fois dans la gestion d’actifs et dans le développement du secteur privé sur les marchés émergents pour aider les pays en développement à atteindre une croissance durable à long terme.

La lutte contre le changement climatique nécessite une innovation financière afin d’aider à canaliser correctement les flux de capitaux vers l’économie à faible émission de carbone.

 

Le Green Cornerstone Bond Fund, doté de 2 milliards d’euros, achètera des obligations vertes émises par des banques en Afrique, en Asie, au Moyen-Orient, en Amérique latine, en Europe de l’Est et en Asie centrale. Il est conçu pour stimuler simultanément la demande (par le biais du fonds) et l’offre (par une assistance technique ciblée aux institutions financières) de financement vert afin de  » boucler le circuit  » et de propulser le financement climatique sur les marchés émergents. Le développement coordonné des forces de l’offre et de la demande en matière d’investissement climatique crée un écosystème dans lequel les marchés peuvent être nourris et se développer durablement. Le fonds « promet de changer la donne avec un produit unique qui combine attractivité pour les investisseurs et impact sur les marchés émergents. La lutte contre le changement climatique nécessite une innovation financière afin d’aider à canaliser correctement les flux de capitaux vers l’économie à faible émission de carbone. »

 

Le fonds répondra aux besoins de quatre parties prenantes clés :

  • Pour les pays en développement, il facilitera la mise en œuvre des contributions déterminées au niveau national (CDN) découlant de l’Accord de Paris. En canalisant les capitaux des pays développés vers les pays en développement, la stratégie contribue aux contributions essentielles des marchés émergents aux objectifs mondiaux de financement du climat, et aide les investisseurs à orienter efficacement les capitaux vers le financement du climat. Au fil du temps, ce partenariat cherchera à ajouter d’autres stratégies de fonds d’obligations vertes portant sur la croissance durable dans le monde en développement afin de créer de nouveaux marchés et d’approfondir les marchés existants.
  • Pour les investisseurs à la recherche de rendements adéquats dans l’environnement actuel de faibles rendements, le fonds sécurise des rendements obligataires plus élevés provenant d’une gamme diversifiée de marchés émergents avec l’avantage supplémentaire de la protection contre les premières pertes offerte par l’IFC, tout en réalisant en fin de compte l’alignement climatique grâce aux investissements en obligations vertes.
  • Pour l’IFC, le partenariat avec un gestionnaire d’actifs lui permet de tirer parti de ses compétences fondamentales en tant que catalyseur du développement du secteur privé dans le monde, avec l’avantage positif de financer des actifs verts, soutenant ainsi également les Objectifs de développement durable (ODD). Le projet souligne également l’engagement d’IFC en faveur de la finance durable à travers son propre investissement dans le fonds et le déploiement d’une assistance technique.
  • Pour Amundi, le développement de ce fonds innovant d’obligations vertes sur les marchés émergents est une nouvelle initiative de finance verte qui a placé Amundi comme un précurseur dans ce domaine. Dans le sillage du développement de pointe des indices à faible teneur en carbone issus de la réunion de Bellagio en 2011, Amundi a créé une joint-venture unique avec EDF, l’un des principaux fournisseurs d’électricité européens, pour financer les énergies renouvelables et les actifs réels à haute efficacité énergétique. Cofondatrice de la Portfolio Decarbonization Coalition, Amundi participe activement à la recherche académique sur la finance verte dans un effort continu pour contribuer au bien public. Cette nouvelle initiative élargit les offres d’investissement en finance climatique d’Amundi pour les clients institutionnels à travers les trois principales classes d’actifs que sont les actions, les actifs illiquides et les titres à revenu fixe.