En 2026, la règle générale reste claire : les intérêts d’emprunt contractés pour financer la résidence principale ne sont plus déductibles de l’impôt sur le revenu. En revanche, pour un bien destiné à la location, ces intérêts peuvent être déduits si vous optez pour le régime réel (ou selon les règles applicables aux BIC pour la location meublée). L’essentiel est que le prêt finance directement l’acquisition, la construction, la réparation ou l’amélioration d’un bien générant des recettes locatives.
Quel critère retenir : affectation du prêt
Le critère déterminant pour la déductibilité est l’affectation du crédit. Si le prêt sert exclusivement à acheter un logement destiné à la location, les intérêts constituent une charge déductible des revenus fonciers (location nue) ou une charge déductible du résultat pour les BIC (location meublée en réel). Si le prêt finance à la fois la résidence principale et un logement locatif, il faut procéder à une ventilation précise des intérêts en fonction de l’usage réel. Cette ventilation doit être documentée (contrat de prêt, avenants, répartition comptable) pour résister à un contrôle fiscal.
Location nue (revenus fonciers) vs location meublée (BIC)
Pour la location nue, deux régimes sont possibles : le micro-foncier (abattement forfaitaire) quand les revenus fonciers bruts annuels sont inférieurs à 15 000 € ; ou le régime réel lorsque vous déduisez effectivement les charges exposées, dont les intérêts d’emprunt. Le régime réel est souvent intéressant si les intérêts et autres charges dépassent l’abattement forfaitaire.
Pour la location meublée, la fiscalité relève en général des BIEn LMNP (loueur en meublé non professionnel) au réel, vous pouvez déduire les intérêts et surtout pratiquer l’amortissement du bien, ce qui peut entraîner une imputation importante sur le résultat imposable. En LMP (loueur professionnel), les règles sont plus spécifiques et peuvent ouvrir droit à d’autres avantages sociaux et fiscaux.
SCI et SCPI
Dans une SCI fiscale (IR), les intérêts de prêt souscrits par la société sont déductibles du résultat fiscal, et l’impact est répercuté chez les associés selon leur quote‑part. Pour une SCPI, les revenus distribués intègrent déjà l’impact des charges supportées par la société de gestion. Dans tous les cas, la cohérence entre l’objet social, l’affectation des fonds et les contrats de prêt est essentielle pour justifier la déduction.
Démarches pratiques pour déclarer les intérêts
Rassemblez le contrat de prêt, les tableaux d’amortissement annuels et les relevés bancaires qui montrent les échéances. Pour la location nue au réel, utilisez le formulaire 2044 (ou 2044 spéciale selon votre situation) et inscrivez les intérêts dans la rubrique « charges financières ». Après avoir totalisé les loyers perçus et déduit toutes les charges (intérêts, travaux, taxe foncière, frais de gestion, assurance), vous obtiendrez le revenu foncier net à reporter sur la déclaration principale.
Étapes de déclaration
- Vérifier le régime fiscal applicable (micro-foncier, réel, LMNP réel, etc.).
- Rassembler contrats, tableaux d’amortissement et relevés bancaires.
- Ventiler les intérêts si le prêt finance plusieurs usages ou biens.
- Remplir le formulaire adapté (2044/2044 spéciale ou déclaration BIC) en reportant les montants aux bonnes rubriques.
- Conserver tous les justificatifs en cas de contrôle.
Exemple chiffré simple
Supposons loyers annuels 12 000 €, intérêts annuels 5 000 €, autres charges (travaux, assurance, taxe foncière) 2 000 €. Revenu foncier brut 12 000 € – charges totales 7 000 € = revenu foncier net 5 000 €. Si votre taux marginal d’imposition est 30 %, l’économie d’impôt brute liée à la déduction des intérêts est d’environ 1 500 €. Cet exemple montre l’intérêt de simuler le réel avant d’opter pour ce régime.
Justificatifs à conserver et durée de conservation
| Document | Raison | Durée recommandée |
|---|---|---|
| Contrat de prêt | Prouve l’objet du prêt et l’affectation au bien | 6 ans (minimum) |
| Tableaux d’amortissement | Détail des intérêts payés chaque année | 6 ans |
| Relevés bancaires | Justifient les paiements et frais financiers | 6 ans |
| Baux et états des lieux | Prouvent la mise en location et les dates | 6 à 10 ans selon litiges |
Conseils pour éviter un redressement
Documentez précisément l’affectation du crédit et conservez les pièces justificatives. Si vous répartissez un prêt entre plusieurs biens ou entre usage personnel et locatif, établissez une clé de répartition objective (par exemple proportionnelle au coût d’acquisition ou à la quote‑part de financement) et conservez toute correspondance ou avenant au contrat. En cas de doute sur l’interprétation fiscale ou sur la stratégie la plus avantageuse, consultez un expert‑comptable ou un avocat fiscaliste pour sécuriser votre dossier.
Enfin, conservez vos justificatifs dans un dossier chronologique, numérique et papier, et prévoyez une sauvegarde : en cas de contrôle, la traçabilité et la qualité des pièces facilitent la défense et réduisent les risques de redressement.







