10 février 2026, 12:04 PM
co emprunteur et separation

Co emprunteur et séparation : la marche à suivre pour se désolidariser ?

Sommaire
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Choix logement post-rupture

  • Solidarité : la banque peut réclamer le remboursement à chacun des co-emprunteurs, la dette reste solidaire tant que rien n’est modifié.
  • Options : vente, rachat de soulte, indivision ou désolidarisation ont des impacts financiers différents et nécessitent évaluations et négociations.
  • Dossier : préparer bulletins, avis d’imposition, tableau d’amortissement et simulations facilite accords bancaires et actes notariés et consulter un notaire.

La séparation d’un couple pose rapidement la question du logement et du prêt immobilier contracté en commun. Être co-emprunteur signifie que la banque peut exiger le remboursement auprès de chacun des signataires : la dette reste solidaire tant que la situation n’a pas été officiellement modifiée. Plutôt que de subir l’incertitude, il est préférable de connaître clairement les solutions possibles, leurs conséquences financières et les démarches pratiques à engager.

Les quatre options principales

Quatre voies reviennent le plus souvent : la vente du bien, le rachat de soulte pour qu’un seul reprenne le bien, le maintien en indivision ou la désolidarisation via accord bancaire. Chacune présente des avantages et des inconvénients selon la situation patrimoniale, la capacité d’emprunt et les objectifs personnels (rester dans le logement, partir, préserver un capital, etc.).

1) La vente du bien et le remboursement du prêt

Vendre le bien met fin rapidement à l’obligation vis-à-vis de la banque puisque le produit de la vente sert à solder le prêt. C’est la solution la plus simple pour couper court à la solidarité. En revanche, elle impose de trouver un nouveau logement, d’accepter les frais de vente et les frais de notaire, et de supporter l’aléa du marché immobilier (délai de vente, prix obtenu). Prévoyez aussi d’éventuelles indemnités de remboursement anticipé et les frais liés à la transaction.

2) Le rachat de soulte (une personne conserve le bien)

Si l’un des ex-conjoints souhaite rester dans le logement, il peut proposer de racheter la part de l’autre. Cela implique d’évaluer la soulte (la valeur de la part à verser), de faire une nouvelle demande de financement auprès de la banque et de passer par un acte notarié. La banque apprécie la capacité d’emprunt du repreneur seul : il faudra souvent justifier d’un apport, d’un niveau d’endettement compatible et d’une assurance emprunteur actualisée. Cette solution permet de conserver le bien mais suppose que le repreneur puisse assumer seul les charges et le crédit.

3) Le maintien en indivision

Conserver le bien en indivision évite une décision immédiate et permet à l’un et l’autre de rester propriétaire, mais la solidarité sur le prêt perdure. L’indivision peut convenir comme solution transitoire, mais elle expose aux difficultés si l’un des indivisaires ne participe plus aux charges : la banque peut continuer à réclamer la totalité des mensualités à l’un ou l’autre. Ce statu quo nécessite des règles claires et parfois un contrat écrit précisant contributions, charges et durée de l’indivision.

4) La désolidarisation via la banque

La désolidarisation consiste à obtenir l’accord de la banque pour retirer un co-emprunteur de l’obligation solidaire sans vendre le bien. La banque n’accepte ce retrait que si le(s) emprunteur(s) restant(s) peuvent reprendre l’engagement seuls, avec un taux d’endettement et un dossier satisfaisants. Parfois la banque demande une garantie supplémentaire ou une révision des conditions. L’accord n’est pas automatique : il dépend des règles internes de l’établissement et de la solidité financière des candidats.

Les démarches pratiques et les pièces à préparer

Quel que soit le choix, un dossier solide facilite les échanges avec la banque et le notaire. Rassemblez les bulletins de salaire récents, les avis d’imposition, les relevés de comptes, le tableau d’amortissement du prêt, l’offre de prêt initiale, et les justificatifs d’apport éventuel. Si vous envisagez le rachat de soulte ou une nouvelle hypothèque, demandez plusieurs simulations de prêt ou faites appel à un courtier pour obtenir une comparaison rapide.

Signalez toujours vos démarches par écrit : une lettre adressée en recommandé à l’établissement prêteur explicite la demande (vente, rachat, désolidarisation) et crée une preuve. Pour le notaire, il faudra fournir l’acte de prêt, le titre de propriété, et toute pièce utile pour établir l’état liquidatif en cas de partage.

Points financiers à vérifier avant de décider

Avant de choisir, calculez précisément les montants en jeu : solde du prêt, indemnités éventuelles, frais de notaire, coût d’une assurance emprunteur mise à jour et montant de la soulte si applicable. Évaluez aussi votre capacité d’emprunt individuel : la banque analysera le taux d’effort (le montant des charges rapporté aux revenus) et pourra exiger un plafond d’endettement. Si le repreneur n’a pas suffisamment de marge, pensez aux alternatives : apport familial, garant, report d’échéances transitoires ou vente.

Conseils pratiques pour accélérer la procédure

  • Anticipez les pièces demandées par la banque et le notaire pour éviter les allers-retours.
  • Obtenez des simulations écrites de la part des établissements financiers pour comparer les offres.
  • Envisagez l’appui d’un courtier si vous cherchez un refinancement ou un rachat de soulte.
  • Rédigez un accord écrit entre ex-conjoints précisant contributions et calendrier si vous choisissez l’indivision.
  • Conservez des copies de tous les courriers et des accusés de réception envoyés aux organismes.

Modèle succinct de lettre à adresser à la banque

Madame, Monsieur,

Par la présente, je vous informe de notre séparation et vous demande de bien vouloir étudier notre dossier en vue de [vente / rachat de soulte / désolidarisation] concernant le prêt n° [référence]. Vous trouverez ci-joints les documents suivants : bulletins de salaire, avis d’imposition, tableau d’amortissement et justificatifs d’apport. Merci de bien vouloir m’indiquer les conditions et pièces complémentaires nécessaires pour finaliser la procédure.

Je vous prie d’agréer mes salutations distinguées,

[Nom, coordonnées]

La séparation quand on est co-emprunteur demande de la méthode : choisissez la solution la plus adaptée à vos contraintes financières et personnelles, préparez un dossier complet, et sollicitez la banque et le notaire le plus tôt possible. Vendre règle définitivement la situation ; racheter la soulte ou obtenir une désolidarisation peuvent préserver le logement mais exigent une solidité financière. En cas d’incertitude, un courtier ou un notaire peut vous orienter et accélérer la prise de décision.

En savoir plus

Comment se séparer quand on a un crédit en commun ?

Séparer quand un crédit est en commun, ce n’est jamais simple, mais il y a trois voies claires. Vendre ensemble, récupérer le produit et fermer le prêt, c’est la solution la plus propre. Conserver à deux, continuer les remboursements à l’identique, c’est possible si la cohabitation financière tient. Ou alors le rachat de soulte, quand une seule personne veut garder le bien, elle rembourse la part de l’autre. La désolidarisation dépend de la banque, elle vérifiera que le coemprunteur restant reste sous un taux d’endettement de 35 % maximum. Respirez, puis demandez un avis pro.

Quels sont les droits d’un co-emprunteur ?

Le coemprunteur a des droits mais aussi des responsabilités concrètes. Il peut exiger des comptes, connaître l’état du remboursement et demander des justificatifs, et il bénéficie des mêmes droits sur le bien si le contrat le prévoit. Sur le plan légal, il est tenu de rembourser sa part du prêt, ou la totalité si l’emprunteur principal fait défaut et que la clause de solidarité existe dans le contrat. En pratique, cela signifie vigilance sur l’assurance, le suivi des échéances et une communication claire entre parties. Conseil pratique, garder toutes les preuves de paiement. Ne pas hésiter, consulter un avocat spécialisé.

Quel risque pour un co-emprunteur ?

Être coemprunteur, c’est s’engager lourdement, même si au départ ça semble pratique. Le risque principal, c’est d’être tenu pour responsable à 100 % de la dette si l’autre emprunteur manque à ses obligations, surtout en présence d’une clause de solidarité. Conséquence, un incident de paiement abîme le dossier de crédit, réduit la capacité d’emprunt future, et peut conduire à des saisies si rien n’est régularisé. Il faut aussi penser à l’assurance emprunteur, aux implications en cas de séparation ou de décès. Astuce pratique, simuler l’impact sur le budget et garder des preuves de toutes les transactions. Prévenir la banque rapidement.

Comment se désolidariser d’un co-emprunteur ?

Se désolidariser d’un coemprunteur demande du temps et de la stratégie. Deux options courantes, demander à la banque la désolidarisation, ce qui, si la banque accepte, laisse le coemprunteur restant seul à rembourser et garant du prêt, ou demander l’annulation de la garantie d’un des coemprunteurs. Dans tous les cas, la banque évaluera la capacité financière du restant, souvent avec un taux d’endettement plafond autour de 35 % et des justificatifs de revenus. Petit conseil vécu, préparer un dossier propre, simulation à l’appui, et discuter avec le notaire pour sécuriser la suite. Anticiper, négocier des délais et obtenir tout écrit.

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Nathalie Renault

Passionnée par la gestion de patrimoine et les stratégies immobilières, Nathalie Renault met son expertise au service de ses lecteurs. À travers son blog, elle explore des sujets clés tels que l'immobilier, l'asset management, et les solutions financières adaptées à chaque projet. Nathalie vous accompagne dans l’optimisation de vos investissements et la valorisation de votre patrimoine, en offrant des conseils pratiques et des analyses approfondies pour prendre des décisions éclairées dans un secteur en constante évolution.

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