Lorsque la SCI (société civile immobilière) emprunte pour acquérir un bien, la question de l’assurance emprunteur devient cruciale. Les banques exigent des garanties satisfaisantes et la répartition des quotités entre associés influe à la fois sur la protection des personnes et sur la fiscalité. Ce guide explique le cadre légal et pratique, comment répartir les quotités, les conséquences fiscales selon le régime (IR ou IS), et les démarches pour changer d’assurance en application des lois récentes (Lemoine, Bourquin).
Cadre légal et pratique
La loi n’interdit pas à la banque de demander une assurance couvrant le risque de décès, d’invalidité ou d’incapacité. En pratique, la banque vérifie que le niveau de garantie et la quotité assurée couvrent le capital restant dû. Pour une SCI, l’assurance peut être souscrite au nom de la société ou au nom des associés. Dans la plupart des cas, les banques acceptent une assurance individuelle déléguée, c’est-à-dire souscrite par chaque associé, à condition qu’elle présente une equivalence des garanties par rapport au contrat groupe proposé par l’établissement prêteur.
Répartition des quotités entre associés
Les quotités représentent la part du capital assuré par chaque souscripteur. Elles doivent être définies clairement afin d’éviter des dettes résiduelles ou des conflits entre associés en cas de sinistre. Deux approches courantes :
- Répartition au prorata des parts sociales : chaque associé assure une quotité correspondant à sa participation dans la SCAvantage : simplicité et cohérence fiscale.
- Répartition selon l’exposition ou les revenus : un associé peut prendre une part plus importante s’il a un rôle opérationnel ou des revenus plus élevés. Avantage : meilleure couverture financière à court terme.
Il est fortement conseillé d’inscrire la répartition des quotités dans les statuts ou dans un pacte d’associés afin de sécuriser les engagements et prévoir les modalités en cas de départ ou de décès d’un associé.
Impact fiscal : SCI à l’IR vs SCI à l’IS
Le régime fiscal de la SCI modifie le traitement comptable des primes d’assurance :
- SCI à l’IR : les primes d’assurance emprunteur peuvent généralement être déduites des revenus fonciers. Concrètement, la prime réduit le résultat imposable de la SCI, et le gain fiscal profite ensuite aux associés selon leur quote‑part. Cette déductibilité doit toutefois être conformes aux règles fiscales en vigueur et aux écritures comptables.
- SCI à l’IS : les primes sont comptabilisées en charge au niveau de la société et réduisent le résultat imposable de la SCL’économie d’impôt profite à la société avant toute distribution. L’impact sur la trésorerie et sur la capacité de distribution de dividendes doit être pris en compte.
Avant de choisir la répartition des quotités, consultez votre expert-comptable pour mesurer l’effet fiscal selon votre situation et la nature des revenus générés par le bien.
Délégation d’assurance et résiliation : lois Lemoine et Bourquin
Les réformes récentes ont simplifié la substitution d’assurance. La loi Bourquin permet aux emprunteurs de changer d’assurance chaque année à la date anniversaire du contrat, sous réserve d’équivalence des garanties. La loi Lemoine a en outre facilité la souscription sans questionnaire médical pour certains prêts et renforcé les droits des assurés en matière de transparence.
Pour déléguer l’assurance à un contrat externe, procédez ainsi :
- Obtenez une attestation d’équivalence des garanties fournie par le nouvel assureur.
- Adressez une lettre de délégation à la banque (souvent recommandée en recommandé avec accusé de réception) en joignant l’attestation et le nouveau contrat.
- Conservez toutes les preuves d’envoi et de réception. La banque dispose d’un délai raisonnable pour vérifier l’équivalence et accepter la délégation.
Checklist des pièces à préparer
Pour accélérer l’acceptation de l’assurance par la banque, rassemblez les documents suivants :
- Devis détaillé du nouvel assureur précisant garanties, exclusions et montants.
- Fiches de santé ou attestations médicales demandées pour chaque associé concerné.
- Tableau des quotités et lien avec les parts sociales au sein de la SCI.
- Lettre de délégation + attestation d’équivalence.
- Copies des statuts de la SCI et du pacte d’associés si la répartition y figure.
Conseils pratiques pour négocier
Négociez d’abord la quotité en fonction du risque réel et de la situation financière des associés. Demandez plusieurs devis d’assurance individuelle et comparez l’étendue des garanties, les exclusions, les délais de carence et le prix. N’oubliez pas d’évaluer l’impact sur la trésorerie et la fiscalité selon le régime de la SCI.
Enfin, formalisez les engagements dans un document écrit (pacte d’associés, clause spécifique dans les statuts ou convention distincte) pour éviter les litiges futurs. Une bonne assurance bien pensée protège à la fois la banque, la SCI et ses associés.
En résumé : clarifiez la répartition des quotités, vérifiez l’équivalence des garanties, anticipez l’impact fiscal selon l’IR ou l’IS, et utilisez les droits apportés par les lois récentes pour obtenir la meilleure couverture au meilleur coût.







